DSC09452.jpg

fIGURE DE sTYLE

Regarde bien mon œil parler

confinée dans mon enclos à cordes

les phalanges grimaçantes

balafrées de rimes

sur la rixe de tes mimes

j’allonge sous le rituel de mon bras

des stratégies d’uppercuts

percutant l’argot de ton ring

car sous la plume de ma rétine

le cygne est noir

le poing assaillant

d’un oiseau rare

Avance-toi et regarde encore mon œil parler

la bouche hermétiquement raturée

j’ai le sang froid mais la mémoire chaude

je prends des droites mais n’oscille

pas sous l’ignorance de tes crochets

car j’ai des enflures d’éloquence

sous mes gencives incisées

Le verbe est une arme puissante

qu’il faut savoir manier

Combative

je ne serai jamais sous la subordination de ton sujet

car sous mes parades oculaires

aux pupilles écorchées

je suis dans la peau du loup

qui finit par aimer les attaques

et mépriser les caresses

Qui frappera affaiblira...

Injectées sur le bord de la route

les buses se taisent pour respirer

laissant le brouillard percuter

à leur place les ombres

qu’elles iront bientôt becqueter

Viens et ouvre ma tête pour observer

l’envergure de mes assauts

aux mouvements de fixité

tel un métronome

au tic-tac langagier

une main de somnifère sous un gant de calembours

aux phalanges franches

sous mon regard ganté

j’ai l’âme de l’anima-lettré

des pourparlers de bêtes affamées

qu’il est impossible de décourager

car au pied de mon arbre

constellé d’ancêtres

j’ai mille grammes d’expériences

creusés sous mes tranchées

que les séismes généalogiques

n’ont jamais déraciné

Silence

Le combat est un recueil d’observation…

Au fond de ta caverne

des allées-gorilles cloisonnées

regardent tétanisées la mobilité du monde

et devinent des occis-morts éraflés

aux funestes gaités

l’anachronisme de tes feintes

à la mâchoire effacée

par tes fissures de style

aux alités-rations inquiétées

et se demandent apeurées

« Pour qui sont ces coups qui cognent sur nos têtes ? »

L’affrontement est une parodie que la parodie déplore

sur la défensive

je ne resterai pas évasive

durant le temps réglementaire

que tu crois m’accorder

sache que le tien est arbitraire

et sera prochainement épuisé

Alors tu peux toujours masquer ma bouche

pour mieux me fixer

consciente que sur terre

je ne suis qu’un passager

libre de boxer sur tes incohérences

par le biais de ma pensée

Et je cogne sur tes mots jusqu'à ton prochain KO

Et je cogne sur tes maux jusqu'à ton prochain KO

POÈME: Natalia Soreyn

PHOTOGRAPHIE : Gary LM